La Vie des Labyrinthes

L'étymologie du mot Labyrinthe elle est plutôt obscure. Hérodote lui-même, pourtant adepte de ce terme, disait en ignorer les origines.

Selon certains linguistes, il viendrait du terme labrys qui désigne une double hache, emblème des rois crétois. Pour d'autres, il proviendrait d'une formule signifiant « jeu du poisson pris dans la nasse ».

Dans les deux cas, il s'agit d'un combat pour la vie au cours duquel il faut faire preuve d'agilité, de ruse et d'intelligence.

 

La représentation du Labyrinthe à travers les âges

Les premières représentations du Labyrinthe remontent à la Préhistoire. Un morceau d'ivoire de mammouth trouvé dans une tombe sibérienne et gravé de sept circonvolutions entourées de quatre doubles spirales. Par la suite, d'autres reproductions de ce genre sont découvertes en Europe, en Afrique, en Inde, en Australie ou encore en Amérique du sud. Présent dans beaucoup de civilisations et religions, il symbolise à chaque fois un parcours initiatique semé d'embuches et de progressions.

Le plus souvent, ces inscriptions se situent dans des lieux sacrés. Un phénomène qui a traversé le temps pour imprégner le christianisme. Ainsi, dès le IVème siècle en Afrique du nord, puis au VIème siècle en Europe, le sol des églises et des cathédrales s'ornent de creusés labyrinthiques sensés figurer le voyage en Terre Sainte.

"Au total, tous les mythes du labyrinthe racontent d'une façon ou d'une autre cette quadruple histoire : un voyage, une épreuve, une initiation et une résurrection"* autrement dit une renaissance.

 

Le mythe du Labyrinthe

Qui dit Labyrinthe dit mythologie. Et le plus connu de tous reste celui du Minotaure, personnage mi-homme mi-taureau, fruit de l'union adultérine entre la femme de Minos, roi de Crète, et Poséidon, alors incarné en taureau. Informé de l'existence de ce fils illégitime, Minos demande à Dédale, son ingénieur, de lui construire un Labyrinthe dans lequel il enferme la créature.

La légende raconte que seules trois personnes sont parvenues à sortir de ce Labyrinthe. Dédale et son fils Icare qui s'évadent par les airs en se fabricant des ailles en plumes et en cire. Et Thésée qui, après avoir tué le Minotaure, s'échappe grâce à un fil magique que lui avait donné Ariane, la fille de Minos. A son retour, Thésée fête sa victoire et invite son entourage à danser suivant des mouvements circulaires, évoquant les courbes du Labyrinthe vaincu.

*Chemins de sagesse, Jacques Attali.